À Nice, des manifestants attaqués par l'ultradroite
Samedi 24 octobre, alors que des centaines de milliers de Français manifestaient à travers le pays, des violences impliquant des militants d'ultradroite ont éclaté à Nice. Selon plusieurs médias, dont La Dépêche et l'AFP, un groupe de plusieurs dizaines d'individus s'en est pris à des manifestants dans le centre-ville. Trois personnes ont été blessées et onze individus ont été interpellés en lien avec ces affrontements.
Les forces de l'ordre avaient initialement bloqué les militants d'ultradroite, sans parvenir à empêcher leur rencontre avec les manifestants. Un constat qui soulève des interrogations sur l'efficacité du dispositif de sécurité, sans pour autant démontrer une quelconque complicité policière.
Six villes citées, mais des faits à distinguer
Sur Instagram, la députée européenne insoumise Manon Aubry interpelle directement le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Elle dénonce des agressions attribuées à l'extrême droite à Nice, Bordeaux, Toulouse, Dijon, Clermont-Ferrand et Montpellier, accusant certains policiers d'être restés passifs.
Si les violences de Nice sont documentées par plusieurs sources journalistiques, les circonstances exactes des scènes diffusées dans les cinq autres villes demandent encore à être établies indépendamment. Des images virales ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer l'identité des agresseurs ou une volonté délibérée des policiers de ne pas intervenir.
Une fermeté à géométrie variable ?
Le contraste mérite néanmoins d'être interrogé. Pour cette nouvelle journée de mobilisation, quelque 70 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés. Le ministère de l'Intérieur annonce 1 314 interpellations à l'échelle nationale, tout en mettant principalement l'accent sur les violences attribuées à l'ultragauche.
À Lyon, des journalistes de l'AFP ont également observé un groupe d'hommes masqués scandant des slogans d'ultradroite, avant de disparaître malgré la présence des forces de l'ordre. Un épisode supplémentaire qui appelle des explications, sans permettre de conclure à une protection organisée.
La question dépasse les affrontements entre militants politiques : l'État doit garantir la sécurité de tous les manifestants, quelles que soient leurs convictions. Condamner les violences de l'ultragauche est nécessaire. Faire preuve de la même exigence face à celles de l'ultradroite l'est tout autant.
Dans une démocratie, le maintien de l'ordre ne doit pas seulement être ferme. Il doit aussi être impartial, transparent et capable de rendre des comptes. C'est précisément cette exigence qui doit guider les réponses du ministère de l'Intérieur.





