Le Regard — by Communicare

Actualités, analyses et décryptages par Communicare

Analyses & DécryptagesAnalyse

Manifestations du 24 octobre : quand l'ultradroite s'invite dans la rue, la réponse policière interroge

25 octobre 2026 · Communicare

Manifestations du 24 octobre : quand l'ultradroite s'invite dans la rue, la réponse policière interroge

Des militants d'ultradroite accusés d'agressions contre des manifestants, des affrontements dans plusieurs villes et des interrogations sur l'intervention des forces de l'ordre. La mobilisation du 24 octobre révèle une autre facette des tensions qui traversent le pays.

À Nice, des manifestants attaqués par l'ultradroite

Samedi 24 octobre, alors que des centaines de milliers de Français manifestaient à travers le pays, des violences impliquant des militants d'ultradroite ont éclaté à Nice. Selon plusieurs médias, dont La Dépêche et l'AFP, un groupe de plusieurs dizaines d'individus s'en est pris à des manifestants dans le centre-ville. Trois personnes ont été blessées et onze individus ont été interpellés en lien avec ces affrontements.

Les forces de l'ordre avaient initialement bloqué les militants d'ultradroite, sans parvenir à empêcher leur rencontre avec les manifestants. Un constat qui soulève des interrogations sur l'efficacité du dispositif de sécurité, sans pour autant démontrer une quelconque complicité policière.

Six villes citées, mais des faits à distinguer

Sur Instagram, la députée européenne insoumise Manon Aubry interpelle directement le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Elle dénonce des agressions attribuées à l'extrême droite à Nice, Bordeaux, Toulouse, Dijon, Clermont-Ferrand et Montpellier, accusant certains policiers d'être restés passifs.

Si les violences de Nice sont documentées par plusieurs sources journalistiques, les circonstances exactes des scènes diffusées dans les cinq autres villes demandent encore à être établies indépendamment. Des images virales ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer l'identité des agresseurs ou une volonté délibérée des policiers de ne pas intervenir.

Une fermeté à géométrie variable ?

Le contraste mérite néanmoins d'être interrogé. Pour cette nouvelle journée de mobilisation, quelque 70 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés. Le ministère de l'Intérieur annonce 1 314 interpellations à l'échelle nationale, tout en mettant principalement l'accent sur les violences attribuées à l'ultragauche.

À Lyon, des journalistes de l'AFP ont également observé un groupe d'hommes masqués scandant des slogans d'ultradroite, avant de disparaître malgré la présence des forces de l'ordre. Un épisode supplémentaire qui appelle des explications, sans permettre de conclure à une protection organisée.

La question dépasse les affrontements entre militants politiques : l'État doit garantir la sécurité de tous les manifestants, quelles que soient leurs convictions. Condamner les violences de l'ultragauche est nécessaire. Faire preuve de la même exigence face à celles de l'ultradroite l'est tout autant.

Dans une démocratie, le maintien de l'ordre ne doit pas seulement être ferme. Il doit aussi être impartial, transparent et capable de rendre des comptes. C'est précisément cette exigence qui doit guider les réponses du ministère de l'Intérieur.

Le Regard, une publication éditoriale de Communicare.

À lire aussi

Manifestations du 24 octobre : quand le gouvernement préfère encadrer la colère plutôt que l'entendre !

Actualités & SociétéActualité

Manifestations du 24 octobre : quand le gouvernement préfère encadrer la colère plutôt que l'entendre !

24 octobre 2026 · Communicare

Une semaine après les violences du 17 octobre, des centaines de milliers de Français ont de nouveau manifesté contre la vie chère et pour la défense des services publics. Face à eux, un gouvernement déterminé à afficher son autorité, une droite réclamant davantage de fermeté et une bataille médiatique où les revendications sociales semblent parfois reléguées au second plan. Retour critique sur un Acte II qui pose une question essentielle : jusqu'où peut-on aller au nom de l'ordre public ?

Lire l'article
Emmanuel Macron : près de dix ans au pouvoir, quel bilan pour la France ?

PolitiqueAnalyse

Emmanuel Macron : près de dix ans au pouvoir, quel bilan pour la France ?

23 octobre 2026 · Communicare

Deux élections, deux quinquennats, des réformes controversées, des crises sociales et une société profondément divisée. À l'approche de la présidentielle de 2027, l'heure est venue de dresser le bilan des années Macron. Entre avancées réelles, promesses abandonnées et décisions contestées, que restera-t-il de cette décennie politique ?

Lire l'article
17 OCTOBRE : ET SI LE POUVOIR CHERCHAIT À FABRIQUER UN COUPABLE ?

PolitiqueActualité

17 OCTOBRE : ET SI LE POUVOIR CHERCHAIT À FABRIQUER UN COUPABLE ?

20 octobre 2026 · Communicare

Violences, accusations contre La France insoumise, soupçons de pressions sur les renseignements et couvre-feux : depuis le 17 octobre, le gouvernement multiplie les réponses sécuritaires. Mais une enquête de Mediapart vient troubler le récit officiel. Et si la question n'était plus seulement de savoir qui a cassé, mais aussi qui cherche à désigner les responsables ?

Lire l'article